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Éteindre la lumière pour mieux voir la nature : retour sur la 2ème édition de la Fête de la Nature à Carry

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  • il y a 3 heures
  • 5 min de lecture

Deux jours pour voir, comprendre… et agir


La 2ème édition de la Fête de la Nature organisée par Carry en Transition, les 22 et 23 mai 2026, a rassemblé habitants, curieux et passionnés autour d’un programme riche mêlant astronomie, biodiversité et moments conviviaux.


Voici un retour chronologique sur cet événement marquant.


Vendredi : lever les yeux… du soleil aux étoiles


La fête a débuté dès 15h sur la plage du Rouet avec une première immersion scientifique : observations du soleil encadrées par l’Astro Club M13, permettant de découvrir tâches solaires et éjections en toute sécurité.


En fin d’après-midi, place à une conférence du Parc Marin de la Côte Bleue, animée par Marie Bravo-Monin, directrice, qui a apporté un éclairage précieux sur la biodiversité marine locale et les enjeux de protection, notamment autour des oursins et des espèces sensibles.


La soirée s’est ensuite poursuivie dans une ambiance conviviale :


  • pique-nique au coucher du soleil, dans un esprit zéro déchet

  • puis, moment fort : observations astronomiques nocturnes dès 21h


Les participants ont pu admirer la Lune, Vénus, Jupiter, accompagnée de ses quatre lunes les plus visibles - Io, Europe, Ganymède et Callisto - offrant un aperçu fascinant du système solaire. La soirée a également permis d’observer des merveilles plus lointaines, comme la galaxie du Tourbillon et la nébuleuse du Hibou, révélant toute la richesse du ciel nocturne.


Une transition parfaite entre science, contemplation et sensibilisation à la nuit.


Samedi matin : découvrir la biodiversité locale


Le lendemain matin, place à l’observation du vivant :


  • 10h : observation des oiseaux, guidée par Laure Rey-Parmentier (LPO), avec notamment les majestueux fous de Bassan et les hirondelles


Dans l’un des nids observés, les oisillons étaient bien présents, offrant le spectacle touchant du va-et-vient des parents venant les nourrir. Une scène simple et merveilleuse. 

Un second nid, en revanche, était malheureusement déserté cette année… une absence qui interroge sur les pressions qui pèsent sur ces espèces.


  • 11h : balade botanique “Sauvages de ma rue”, animée par Pascal Mirleau et Lise Dubuy : une trentaine d’espèces recensées, qui viendront alimenter le protocole de science participative Tela Botanica. Un marquage à la craie réalisé au sol a permis de sensibiliser les passants à cette biodiversité discrète du quotidien.


Ces activités ont permis de reconnecter les participants à une nature du quotidien, souvent invisibilisée : celle des plantes sauvages, des insectes qu’elles nourrissent, et des oiseaux qui en dépendent.


Samedi après-midi et soirée : la fête au Vallon de Jaume


À partir de 15h, la fête s’est déplacée au Vallon de Jaume pour un moment festif et participatif :


  • balade vers l’oliveraie avec observations des plantes et des insectes, et même collecte au filet à papillons, activité très appréciée des enfants


  • ateliers créatifs : aquarelle inspirée de la nature avec Anna et créations naturelles, notamment la “fée nature” avec Laureline et Catherine de la Cabane Lez’arts ainsi qu’une chasse aux trésors et des jeux sensoriels


  • animation musicale aux accents grecs avec Evelise et Tassos

    Tassos & Evelise Duo | Facebook


La journée s’est conclue par :


  • un apéritif convivial et une auberge espagnole au rythme de la musique


  • puis une observation des insectes nocturnes à 21h


Malgré la patience du groupe, les observations se sont révélées très limitées : deux petits papillons de nuit et deux minuscules sauterelles seulement ont été observés. Un constat qui fait écho aux données scientifiques : les insectes nocturnes disparaissent peu à peu.


Une exposition pour voir autrement le vivant


Tout au long de l’événement, une exposition du Photo Club Carry Côte Bleue était visible à l’Office de Tourisme.

À travers des photographies en macro, les visiteurs ont pu découvrir des insectes fascinants et pourtant fragiles, révélant des détails invisibles à l’œil nu : textures, couleurs, formes… Une manière sensible et artistique de rappeler la richesse du monde vivant et sa vulnérabilité.


Insectes nocturnes : causes d’un déclin silencieux


Ce qui est ressorti des échanges et observations est sans appel : les insectes nocturnes disparaissent rapidement et sont déjà moins nombreux qu’il y a quelques années.


Causes principales :

  • Pollution lumineuse : désorientation, épuisement, mortalité

  • Pesticides : impact direct sur leur survie

  • Destruction des habitats

  • Changement climatique


Conséquences : un effet domino

Leur disparition entraîne des impacts majeurs :

  • Moins de pollinisation nocturne

  • Moins de nourriture pour chauves-souris et oiseaux

  • Déséquilibre des écosystèmes

  • Perte globale de biodiversité


Un déclin discret, mais aux effets très concrets.


Comment agir à notre échelle ?


L’événement est l’occasion de partager des solutions simples :


• Réduire ou éteindre l’éclairage nocturne inutile (extinction des lumières de jardin, détecteurs de mouvement) 

• Utiliser des lumières chaudes et dirigées (ampoules < 3000 K, éclairage vers le sol plutôt que diffus) 

• Planter des espèces locales favorables aux insectes (lavande, thym, romarin, sauge, ciste, fenouil, aubépine, lierre, arbres fruitiers) 

• Préserver les arbres et éviter les coupes inutiles (garder les vieux arbres, conserver les cavités utiles aux insectes et oiseaux) 

• Bannir les pesticides (même les produits “biologiques” qui peuvent affecter les insectes) 

• Créer des refuges pour la biodiversité : laisser un coin de jardin en friche, installer un hôtel à insectes, conserver des tas de bois ou de feuilles, planter des haies locales, ou encore maintenir des zones de fleurs sauvages 


Une prise de conscience collective, qui montre que chacun, à son échelle, peut agir pour préserver le vivant.


Une édition qui éclaire… sur la nuit


Cette 2ème édition a parfaitement rempli son rôle : rassembler, émerveiller et sensibiliser.

En mettant en lumière - paradoxalement - les effets de la lumière sur la nature, Carry en Transition nous rappelle une chose essentielle : protéger la nuit, c’est protéger le vivant.

Et parfois, le premier geste pour agir est simplement d’appuyer sur un interrupteur.


Remerciements


Un immense merci à toutes celles et ceux qui ont contribué à la réussite de cette 2ème édition.

  • Merci aux bénévoles de Carry en Transition, sans qui rien ne serait possible : Christelle, Claude, Geneviève, Igor, Jérémie, Johan, Laure, Laureline, Laurence, Lise, Pascal, Thomas pour leur engagement, leur énergie et leur bonne humeur.

  • Merci à l’Association de l’Olive Carryenne (AOC) pour la mise à disposition du terrain de l’oliveraie.

  • Merci à la mairie de Carry-le-Rouet pour le prêt des tables et des bancs et la communication.

  • Merci à l’Office de tourisme pour l’accueil de l’exposition et le relais de communication.


Un grand merci également à tous les intervenants :


  • l’Astro Club M13 de Martigues

  • le Club photo Carry Côte Bleue 

  • Marie Bravo-Monin, directrice du Parc Marin de la Côte Bleue

  • Laure Rey-Parmentier, bénévole à la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux)

  • Pascal Mirleau, Aix-Marseille Université (Institut Méditerranéen de Biodiversité et d'Écologie marine et continentale)

  • Anna, Les Arts Carryens

  • Laureline et Catherine, La Cabane Lez’arts

  • Tassos et Evelise, pour l’ambiance musicale


Et bien sûr, merci à tous les participants pour leur présence, leur curiosité et leur engagement en faveur du vivant.



 

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